Bonnes pratiques pour les auteurs-compositeurs-interprètes dans l'industrie musicale
- Michel G. Dulyx (Tiemdi)

- 8 déc. 2025
- 3 min de lecture
L'industrie musicale au Québec regorge de talents passionnés : compositeurs, auteurs, musiciens, beatmakers. Pourtant, réussir dans ce milieu demande plus que du talent. Il faut aussi comprendre les règles du jeu, notamment en ce qui concerne le droit d'auteur, la gestion collective et la collaboration. Ce guide présente des conseils concrets pour aider les auteurs-compositeurs-interprètes à protéger leur travail et à construire des projets musicaux solides.

S'inscrire auprès des Sociétés de Gestion Collective
Un des premiers gestes à poser en tant que compositeur ou auteur est de s'inscrire auprès des sociétés de gestion collective. Au Québec, la SOCAN (Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) joue un rôle clé. Elle collecte et redistribue les droits d'auteur lorsque votre musique est jouée en public, à la radio, en ligne ou ailleurs.
Pourquoi c’est essentiel
Protection automatique : Dès que vous créez une œuvre, vous détenez des droits. Mais sans inscription, il est difficile de percevoir les revenus.
Suivi des diffusions : SOCAN surveille les diffusions et assure que vous êtes rémunéré.
Soutien juridique : En cas de litige, la société peut vous aider à défendre vos droits.
Comment s’inscrire
Remplir un formulaire en ligne sur le site de SOCAN.
Fournir des informations sur vos œuvres (titres, collaborateurs).
Mettre à jour régulièrement votre catalogue.
Cela vaut aussi pour les beatmakers qui créent des instrumentaux. Leur travail mérite d’être reconnu et rémunéré.
Bien négocier les pourcentages entre collaborateurs
Créer une chanson ou un album est souvent un travail d’équipe. Compositeurs, auteurs, interprètes, beatmakers se réunissent pour donner vie à un projet. Il est crucial de clarifier dès le départ la répartition des droits et des revenus.
Les points à discuter
Partage des droits d’auteur : Qui a écrit quoi ? Qui a composé la musique ? Qui a produit le beat ?
Pourcentage de chaque collaborateur : Par exemple, un beatmaker peut demander 30 % des droits si son travail est central.
Gestion des revenus : Comment seront répartis les revenus de la vente, du streaming, des licences ?
Exemple concret
Un groupe de trois musiciens crée une chanson. Le compositeur écrit la mélodie, l’auteur écrit les paroles, et un beatmaker produit la base rythmique. Ils conviennent d’un partage 40 % pour le compositeur, 40 % pour l’auteur, 20 % pour le beatmaker. Ce partage doit être écrit noir sur blanc, idéalement dans un contrat simple.
Avantages d’une bonne négociation
Évite les conflits futurs.
Assure une rémunération équitable.
Facilite la gestion des droits d’édition musicale.

Comprendre le droit d’auteur et l’édition musicale
Le droit d’auteur protège les créations originales. Pour un compositeur ou un auteur, c’est la base pour contrôler l’utilisation de sa musique.
Ce que couvre le droit d’auteur
La musique (mélodie, harmonie, arrangement).
Les paroles.
Les enregistrements sonores (droits voisins).
L’édition musicale
L’édition musicale consiste à gérer les droits d’exploitation de la musique. Un éditeur peut aider à promouvoir la musique, négocier des licences, collecter les revenus.
Conseils pratiques
Gardez une trace écrite de vos créations (fichiers datés, partitions).
Enregistrez vos œuvres auprès d’organismes comme la SOCAN.
Si vous travaillez avec un éditeur, lisez attentivement les contrats.
Protéger sa musique dans un environnement numérique
Le streaming et les plateformes en ligne ont changé la façon dont la musique est consommée. Cela crée de nouvelles opportunités, mais aussi des défis.
Points clés à surveiller
Licences numériques : Assurez-vous que vos droits sont bien gérés sur Spotify, Apple Music, YouTube.
Monétisation : Utilisez les outils de gestion des droits pour percevoir les revenus.
Partage sur les réseaux : Protégez vos œuvres contre le piratage.
Exemple
Un beatmaker qui publie ses instrumentaux sur une plateforme de vente en ligne doit s’assurer que les contrats précisent les droits cédés à l’acheteur (usage personnel, commercial, exclusivité).

Construire un réseau solide et professionnel
Au-delà des aspects juridiques, la réussite dans la musique passe par des relations solides avec d’autres musiciens, producteurs, et professionnels.
Conseils pour bien collaborer
Soyez clair sur vos attentes dès le début.
Respectez les délais et engagements.
Communiquez régulièrement.
Valorisez le travail de chacun.
Un réseau fiable peut ouvrir des portes vers des opportunités de concerts, de placements musicaux, ou de collaborations.


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